Crise de confiance au sommet de l’Etat
juillet 1st, 2010 by Faouzi Lamdaoui | No Comments | Filed in Billet d’humeur, uneAlors que la perspective des vacances auraient de quoi réjouir les Français, du moins ceux qui ont la chance de pouvoir en profiter, rarement un début d’été n’aura été marqué par un tel sentiment de malaise dans la population
Ecoutant avec grande attention les citoyens dans les rues d’Argenteuil, j’ai le sentiment en ce début du mois de juillet que plus personne ne croit en l’action de ce gouvernement. Plus grave encore, vous êtes nombreux à me confier que vous avez du mal à croire encore en la politique, en sa capacité de vous offrir un avenir meilleur. Comment a-t-on pu en arriver là ? Quelques éléments permettent à mes yeux de mieux cerner les causes de ce triste constat :
- La crise économique : contrairement à ce que veut nous faire croire le gouvernement, la crise n’est pas terminée, elle ne fait que commencer. Il faut dire la vérité aux Français : sans politique vigoureuse, la crise obèrera durablement l’avenir du pays et le gouvernement devra en porter la responsabilité.
- La crise sociale : c’est celle que nous constatons au quotidien à titre individuel, dans nos familles et parmi nos proches. Un taux de chômage qui frôle les 10% et bien plus encore dans les quartiers difficiles (ce que se cache bien de nous dire le gouvernement), des emplois de plus en plus précaires, des difficultés pour se loger, se soigner… Là encore, le gouvernement est aux abonnés absents.
- La crise politique : outre l’absence de réponses concrètes aux souffrances des Français, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de se muer en « République du contre exemple » selon l’excellente expression de François Hollande. C’est « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Qu’il s’agisse des cigares de monsieur Christian Blanc, des lourds soupçons qui pèsent sur Eric Woerth ou encore de l’attitude scandaleuse de certains ministres sans scrupules qui osent cumuler leur indemnité ministérielle avec leur retraite de parlementaire, la liste des contre-exemples est longue et la réaction du gouvernement….inexistante.
- La crise démagogique : au fond, c’est peut-être la plus grave. Quand j’apprends que le Président de la République se rend de nuit à la Courneuve, quand j’observe que le Premier Ministre ne vient à Argenteuil que pour inaugurer une mosquée, comment ne pas y voir les aspects les plus répugnants de la politique de la droite où la communication, la démagogie fait office de politique ? Ce n’est pas d’inauguration ou de visites dont ont besoin les Français, mais d’actes. Combien d’emplois créés dans les quartiers? Combien de logements sociaux ? Quels effectifs de police de proximité ? Ces questions restent hélas lettres mortes.
Ces crises ont un point commun : le gouvernement attend qu’elles passent, qu’on n’en parle plus. Cette attitude passive, outre le fait qu’elle ne répond pas aux attentes de la population, aggrave la situation et plonge plus durablement encore le pays dans la crise.
En tant que responsable politique, il m’est impossible de me réjouir de l’échec du gouvernement. Si les citoyens ne croient plus en la politique, ce n’est ni la gauche, ni la droite mais la démocratie toute entière qui est en danger. Nous sommes nombreux à Argenteuil comme au sein de l’association Répondre à gauche à construire tous ensemble le socle d’une politique alternative car elle seule pourra redonner aux Français confiance en l’avenir de leur pays.


L’ancien premier secrétaire du PS appelle à compléter à la fois le plan de relance du gouvernement et celui présenté par Martine Aubry. Les ménages les plus aisés devraient contribuer à cette maîtrise des déficits.
