Archive for the ‘Billet d’humeur’ Category

Rien de nouveau sous l’orage

novembre 15th, 2010 by Faouzi Lamdaoui | No Comments | Filed in Billet d’humeur

Copyright photos (c) 2009 Mustapha  Saha. Tous droits réservés. 003« Tout ça pour ça ». Telle est l’expression qui nous est venue à l’esprit de chacun d’entre nous quand fut annoncée, hier soir, la composition du nouveau Gouvernement. Après une étrange période de six mois au cours de laquelle les Ministres se savaient en sursis, nous avons donc appris que le Gouvernement avait décidé…de ne rien changer, ou presque.

Quel est donc le nouveau cap, la nouvelle perspective, le nouveau sens donnés par le chef de l’État si tant est qu’il en ait déjà donnés auparavant? Je n’en vois pas. Le changement concerne-t-il les personnes? Pas davantage. On assiste au contraire à un rétrécissement de l’équipe gouvernementale sur l’ex-RPR. Pour la nouveauté, on repassera! Plus grave encore, je note avec colère la nette diminution du nombre de femmes et de représentants de la diversité parmi les actuels membres du Gouvernement.

Y a-t-il donc quelque originalité dans la définition et le périmètre des différents ministères? Je n’en vois guère même si, reconnaissons-le, il y a depuis hier un abandon dont on ne peut que se réjouir: celui du Ministère qui associait immigration et identité nationale. Mais ne nous faisons pas d’illusion, la politique actuelle en la matière restera hélas inchangée !

Ce remaniement n’est donc qu’un effet de manche – un de plus – du Président de la République, une nouvelle tentative de diversion vis-à-vis de la souffrance qu’éprouvent les Français au quotidien. En effet, deux événements quelque peu passés sous silence ont hélas attiré mon attention hier soir: en écrivant ces lignes, je repense tout d’abord au terrible choc de l’incendie du foyer de migrants de Dijon. Combien de temps encore ce Gouvernement traitera-t-il ses habitants, et en particulier ces immigrés venus prendre part au destin de ce pays et qui se voient traités comme des citoyens de seconde zone? Combien de temps fermera-t-il les yeux sur ces véritables taudis dont la remise aux normes est une urgence?

Par ailleurs, les nouvelles violences qui ont émaillé la ville Grenoble hier sont là pour rappeler à ceux qui préfèrent la politique de l’autruche à celle des résultats que rien n’a changé à Grenoble comme ailleurs depuis cet été. Voici de nombreuses années qu’avec de nombreux élus de terrain, je tire la sonnette d’alarme sur la dégradation de la situation de nos quartiers dont certains s’apparentent à une poudrière, faute d’une politique volontariste.

La concomitance de ces deux événements avec l’annonce gouvernementale – symbole d’immobilisme – m’a beaucoup frappé. Alors qu’hier soir des commentateurs politiques reprenaient l’expression « rien de nouveau sous le soleil », je me dis qu’il y a bien longtemps hélas que le soleil a laissé place à l’orage et que le peuple gronde sans être entendu par un Gouvernement dangereusement enfermé dans sa tour d’ivoire. Il est grand temps qu’à son tour le PS – et la Gauche en général – se mette en ordre de marche pour l’échéance présidentielle de 2012. Le plus tôt sera le mieux.

Crise de confiance au sommet de l’Etat

juillet 1st, 2010 by Faouzi Lamdaoui | No Comments | Filed in Billet d’humeur

Alors que la perspective des vacances auraient de quoi réjouir les Français, du moins ceux qui ont la chance de pouvoir en profiter, rarement un début d’été n’aura été marqué par un tel sentiment de malaise dans la population

Ecoutant avec grande attention les citoyens dans les rues d’Argenteuil, j’ai le sentiment en ce début du mois de juillet que plus personne ne croit en l’action de ce gouvernement. Plus grave encore, vous êtes nombreux à me confier que vous avez du mal à croire encore en la politique, en sa capacité de vous offrir un avenir meilleur. Comment a-t-on pu en arriver là ? Quelques éléments permettent à mes yeux de mieux cerner les causes de ce triste constat :

- La crise économique :
contrairement à ce que veut nous faire croire le gouvernement, la crise n’est pas terminée, elle ne fait que commencer. Il faut dire la vérité aux Français : sans politique vigoureuse, la crise obèrera durablement l’avenir du pays et le gouvernement devra en porter la responsabilité.

- La crise sociale : c’est celle que nous constatons au quotidien à titre individuel, dans nos familles et parmi nos proches. Un taux de chômage qui frôle les 10% et bien plus encore dans les quartiers difficiles (ce que se cache bien de nous dire le gouvernement),  des emplois de plus en plus précaires, des difficultés pour se loger, se soigner… Là encore, le gouvernement est aux abonnés absents.

- La crise politique : outre l’absence de réponses concrètes aux souffrances des Français, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de se muer en « République du contre exemple » selon l’excellente expression de François Hollande. C’est « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Qu’il s’agisse des cigares de monsieur Christian Blanc, des lourds soupçons qui pèsent sur Eric Woerth ou encore de l’attitude scandaleuse de certains ministres sans scrupules qui osent cumuler leur indemnité ministérielle avec leur retraite de parlementaire, la liste des contre-exemples est longue et la réaction du gouvernement….inexistante.

- La crise démagogique : au fond, c’est peut-être la plus grave. Quand j’apprends que le Président de la République se rend de nuit à la Courneuve, quand j’observe que le Premier Ministre ne vient à Argenteuil que pour inaugurer une mosquée, comment ne pas y voir les aspects les plus répugnants de la politique de la droite où la communication, la démagogie fait office de politique ? Ce n’est pas d’inauguration ou de visites dont ont besoin les Français, mais d’actes. Combien d’emplois créés dans les quartiers? Combien de logements sociaux ? Quels effectifs de police de proximité ? Ces questions restent hélas lettres mortes.

Ces crises ont un point commun : le gouvernement attend qu’elles passent, qu’on n’en parle plus. Cette attitude passive, outre le fait qu’elle ne répond pas aux attentes de la population, aggrave la situation et plonge plus durablement encore le pays dans la crise.

En tant que responsable politique, il m’est impossible de me réjouir de l’échec du gouvernement. Si les citoyens ne croient plus en la politique, ce n’est ni la gauche, ni la droite mais la démocratie toute entière qui est en danger. Nous sommes nombreux à Argenteuil comme au sein de l’association Répondre à gauche à construire tous ensemble le socle d’une politique alternative car elle seule pourra redonner aux Français confiance en l’avenir de leur pays.

G 20 : Le pire est à craindre

avril 3rd, 2009 by Faouzi Lamdaoui | No Comments | Filed in Billet d’humeur

Le rideau vient de tomber sur le G 20 de Londres sans que la logique néolibérale ne soit ébranlée. Faute d’audace, aucun remède radical n’a été apporté à la crise économique qui sévit aux quatre coins du monde. Le G 20 s’est contenté de renflouer le FMI et la Banque mondiale de 1000 milliards de dollars et de quelques ajustements à la marge. Juste de quoi donner l’illusion d’un changement. L’annonce d’un « nouvel ordre mondial » est désormais de l’ordre du vœu pieux. Aucune remise en cause du système capitaliste, responsable de la débâcle actuelle, n’est sérieusement envisagée. En matière de relance économique, aucun nouvel engagement n’a été enregistré. Le G 20 s’est borné à additionner les mesures déjà connues qui, selon lui, devraient totaliser 5000 milliards de dollars à la fin 2010. Même déception en ce qui concerne la lutte contre les paradis fiscaux. (Lire la suite…)

Le temps des actes

février 10th, 2009 by Faouzi Lamdaoui | 2 Comments | Filed in Billet d’humeur

Photo de Sarkozy

Une fois de plus, Nicolas Sarkozy a brillé par son incohérence et son mépris. Sa dernière prestation télévisée « Face à la crise » n’a fait que creuser un peu plus le fossé qui le sépare des Français. Sarkozy n’a donc rien entendu des revendications de la grande mobilisation du 29 janvier dernier. Il répond aux attentes de nos concitoyens par une opération de communication qui ne trompe plus personne. Alors que les syndicats attendaient l’ouverture de négociations, il se borne à leur fixer un rendez-vous à une date qu’il choisie unilatéralement. Pourquoi faire ? Nul ne le sait ! En revanche, il est clair qu’il n’envisage ni l’augmentation du smic, ni la revalorisation des salaires.

Plus grave, Sarkozy annonce la suppression de la taxe professionnelle en 2010 sans concertation préalable. Alors que cet impôt représente l’essentiel des revenus des collectivités locales – près de 30 milliards d’Euros –, Sarkozy reste muet sur les modalités de compensation. Qui va payer ? Les entreprises ? Les ménages ? Le flou qui entoure cette mesure se traduira forcément par plus d’inquiétude et, in fine, par un report des investissements prévus par les collectivités. Pour être efficace, une telle mesure n’est envisageable que dans le cadre d’une réforme globale de la fiscalité, plus juste et plus équitable.

Pas un mot sur la Guadeloupe en grève générale contre la vie chère depuis le 20 janvier. Le mépris affiché par le Président n’a eu pour effet que de durcir le mouvement qui s’étend aujourd’hui à la Martinique, pour peut-être toucher demain le pays dans son ensemble. Il y a péril en la demeure M. le Président. Les français n’ont plus d’oreille pour vos fausses compassions et se méfient de vos effets d’annonce. Ils veulent un nouveau modèle de partage et attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations, notamment du travail et du pouvoir d’achat. Voici venu le temps des actes !

François Hollande : »Il faut maîtriser l’endettement public »

février 2nd, 2009 by Faouzi Lamdaoui | No Comments | Filed in Billet d’humeur

francoisL’ancien premier secrétaire du PS appelle à compléter à la fois le plan de relance du gouvernement et celui présenté par Martine Aubry. Les ménages les plus aisés devraient contribuer à cette maîtrise des déficits.

La motion de censure du PS est-elle le signe d’une crise politique ?
C’est le signe qu’il y a une crise du sens de la politique conduite depuis maintenant un an et demi. Et la motion de censure a vocation à appeler à un changement de cap.
La journée d’action de jeudi est-elle porteuse du risque d’une crise sociale ?
Nous ne sommes pas encore dans une crise sociale, mais dans l’exigence d’un dialogue social, qui, s’il était ignoré, ou pire encore rejeté, pourrait conduire à des conflits graves.

(Lire la suite…)