Ce matin, 12 millions d’élèves ont retrouvé le chemin des classes. Entre anxiété et excitation, ce jour de rentrée est toujours un moment à part dans l’année pour les enfants et leurs parents.
J’ai néanmoins le sentiment que cette rentrée 2010 est avant tout marquée par l’inquiétude. De façon plus nette que les années précédentes, il se dégage des discussions que je peux avoir avec de nombreux professeurs et parents l’impression que les Français perdent peu à peu confiance en leur école. Non pas qu’ils remettent en cause le formidable dévouement des professeurs que je tiens une fois de plus à souligner, mais ils ont l’impression que d’année en année, les gouvernements de droite abandonnent toute ambition pour l’éducation de nos enfants.
En cette rentrée 2010, ce sont encore 16000 postes qui ont été encore supprimés dans l’Education nationale. Comment peut-on à la fois déplorer les reculs en matière d’égalité des chances, en particulier dans les quartiers difficiles et, dans le même temps, diminuer le nombre d’enseignants, de surveillants et de médecins scolaires ?
Je veux tenir ici un langage de vérité : oui, l’éducation de nos enfants a un coût. Oui, la situation des comptes publics est désastreuse et exige une grande prudence dans le choix des dépenses de l’Etat. Toutefois, j’estime que s’il devait y avoir une priorité à donner, elle devrait être donnée dès à présent à l’Education nationale. Et, ayons le courage de le dire, il faudra donner plus de moyens pour les établissements qui en ont le plus besoin, en particulier dans les quartiers difficiles. C’est cela l’égalité des chances, c’est cela le modèle républicain !
La crise que traverse la France est grave. Ses effets, si douloureux, ne sont pas derrière nous comme tente de le faire croire de façon irresponsable le gouvernement. Les enfants d’aujourd’hui ne doivent pas être la «génération sacrifiée» de la crise demain. C’est en investissant massivement dans leur éducation et leur niveau de qualification que nous pourrons les aider à s’intégrer dans la vie adulte. La Gauche doit oser le pari de l’avenir.
A tous, parents, enfants, professeurs, d’Argenteuil et de France, je souhaite une rentrée pleine d’enthousiasme et d’épanouissement, avec une pensée toute particulière pour les 15000 nouveaux professeurs qui découvrent aujourd’hui leur classe pour la première fois, sans avoir pu bénéficier d’une formation à la hauteur de leur honorable mission. Je veux leur dire toute mon estime et mon admiration.
Bonne rentrée à toutes et à tous,
Faouzi Lamdaoui