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Tribune de Faouzi Lamdaoui, membre du conseil national du PS, ancien secrétaire national à l’égalité
Les propos de Brice Hortefeux illustrent-ils la méfiance des partis politiques à l’égard de la diversité ?

L’Amérique a su élire un président métis. La France, elle, proclame l’égalité sans beaucoup progresser.
« Un, ça va, c’est quand ils sont plusieurs qu’ils posent problème. » Cette phrase pourrait résumer à elle seule les doutes des grands partis politiques à l’égard des Français issus de l’immigration ou des DOM-TOM. Le seul « mérite » (sic) de la déclaration du ministre de l’intérieur est d’avoir levé un pan du voile de l’hypocrisie régnante, en disant tout haut ce que beaucoup, au sein de la classe politique, pensent tout bas. Le « racisme décontracté » et la « lepénisation tranquille » assument que les Français venus d’ailleurs ne sont pas des « Français comme les autres » et sont donc indésirables dans la sphère publique, et notamment au pouvoir. Le contraste est édifiant entre l’Amérique d’Obama et la France d’Hortefeux. L’une a élu un président métis et tente, malgré des discriminations et un communautarisme encore très présents dans la société, de surmonter son passé d’esclavage et d’inégalité raciale pour réconcilier la nation américaine et l’ouvrir au monde. L’autre proclame l’égalité au fronton des institutions de la République mais n’affiche qu’une députée (élue hors DOM-TOM) issue de la diversité à l’Assemblée nationale et se vit en forteresse assiégée par l’immigration, maintenant ceux qui en sont issus dans une citoyenneté de seconde zone, concept d’une époque dite révolue. (Lire la suite…)