La raison d’être de l’OTAN a disparu avec la chute du mur de Berlin. Or, l’alliance atlantique a décidé de s’élargir sans limites géographiques. Ses missions d’après guerre froide sont controversées qu’il s’agisse de l’ex-Yougoslavie ou de l’Afghanistan. Dans ces deux cas, les interventions de l’OTAN n’ont pas rempli les objectifs annoncés mais ont été dévastatrices pour les populations civiles et les infrastructures. Sans parler de ses ingérences régulières pour déstabiliser de nombreux pays. Les fastes de la célébration du 60ème anniversaire de l’organisation ne masquent pas pour autant les dangers réels que représente son nouveau cheval de bataille : la « sécurisation des voies énergétiques ». En clair, l’OTAN s’arroge désormais le droit de contrôler les flux pétroliers dans le monde – au seul profit des grandes puissances occidentales – quitte à bafouer la souveraineté de certains états. La décision de Nicolas Sarkozy de réintégrer la France dans le commandement militaire de l’OTAN est une erreur politique et stratégique grave. Au-delà de ternir un peu plus l’image de la France dans le monde, elle signe définitivement son adhésion – et celle de l’Europe – aux visées impérialistes des Etats-Unis et met fin à toutes velléités d’indépendance de cette même Europe. L’alignement absurde sur le leadership américain va forcément se traduire par une participation de plus en plus forte des européens aux futurs – et prévisibles – conflits armés, avec des conséquences évidentes sur notre propre sécurité et celle de nos soldats. Que dira alors Sarkozy aux Français lorsqu’une fois de plus et en plus grand nombre, leurs enfants seront sacrifiés sur l’autel de l’inutile ?
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