Le rideau vient de tomber sur le G 20 de Londres sans que la logique néolibérale ne soit ébranlée. Faute d’audace, aucun remède radical n’a été apporté à la crise économique qui sévit aux quatre coins du monde. Le G 20 s’est contenté de renflouer le FMI et la Banque mondiale de 1000 milliards de dollars et de quelques ajustements à la marge. Juste de quoi donner l’illusion d’un changement. L’annonce d’un « nouvel ordre mondial » est désormais de l’ordre du vœu pieux. Aucune remise en cause du système capitaliste, responsable de la débâcle actuelle, n’est sérieusement envisagée. En matière de relance économique, aucun nouvel engagement n’a été enregistré. Le G 20 s’est borné à additionner les mesures déjà connues qui, selon lui, devraient totaliser 5000 milliards de dollars à la fin 2010. Même déception en ce qui concerne la lutte contre les paradis fiscaux.
Le G 20 a préféré inscrire sur sa liste noire les Philippines, l’Uruguay, la Malaisie et le Costa Rica mais pas la City ou d’autres places financières européennes qui fonctionnent pourtant selon des principes identiques. Le même traitement de faveur à été réservé aux places chinoises de Hong Kong et Macao, ainsi qu’à l’Etat du Delaware aux Etats-Unis. Comme toujours on accable les « petits » pour mieux épargner les « grands ». Cette politique du deux poids deux mesures est insupportable et rend vaine toute tentative de mettre au pas les paradis fiscaux. Quant à la décision de lutter contre le « protectionnisme », elle est tout simplement absurde. Les pays du G 20 sont les premiers à recourir au protectionnisme lorsque leurs économies tirent la langue. Mais quel mal y a-t-il à vouloir se protéger en tant de crise ? En réalité, ce sommet organisé en grandes pompes n’a pas été à la hauteur des enjeux. Résultat : quelques mesures bricolées à la hâte et des milliards de dollars offerts FMI, certainement pour le remercier d’avoir mis sur la paille de nombreux pays à coup d’ajustements structurels. Pour les banques, la fête continue. Elles seront maintenues sous perfusion sans l’obligation de se soumettre au contrôle ou aux orientations des états.
Ce n’est pas en décrétant qu’il faut rendre plus moral le capitalisme qu’on va sortir la planète du marasme dans lequel elle se débat. Les effets d’annonce ne vont pas sauver les millions d’humains en proie à la famine et au désespoir. A sa prochaine réunion, prévue à la fin de l’année à New-York, le G 20 ne fera que constater l’échec de sa politique et la catastrophe humanitaire qu’elle aura engendrée. Pour le coup, la montagne a vraiment accouché d’une souris.
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