
Une fois de plus, Nicolas Sarkozy a brillé par son incohérence et son mépris. Sa dernière prestation télévisée « Face à la crise » n’a fait que creuser un peu plus le fossé qui le sépare des Français. Sarkozy n’a donc rien entendu des revendications de la grande mobilisation du 29 janvier dernier. Il répond aux attentes de nos concitoyens par une opération de communication qui ne trompe plus personne. Alors que les syndicats attendaient l’ouverture de négociations, il se borne à leur fixer un rendez-vous à une date qu’il choisie unilatéralement. Pourquoi faire ? Nul ne le sait ! En revanche, il est clair qu’il n’envisage ni l’augmentation du smic, ni la revalorisation des salaires.
Plus grave, Sarkozy annonce la suppression de la taxe professionnelle en 2010 sans concertation préalable. Alors que cet impôt représente l’essentiel des revenus des collectivités locales – près de 30 milliards d’Euros –, Sarkozy reste muet sur les modalités de compensation. Qui va payer ? Les entreprises ? Les ménages ? Le flou qui entoure cette mesure se traduira forcément par plus d’inquiétude et, in fine, par un report des investissements prévus par les collectivités. Pour être efficace, une telle mesure n’est envisageable que dans le cadre d’une réforme globale de la fiscalité, plus juste et plus équitable.
Pas un mot sur la Guadeloupe en grève générale contre la vie chère depuis le 20 janvier. Le mépris affiché par le Président n’a eu pour effet que de durcir le mouvement qui s’étend aujourd’hui à la Martinique, pour peut-être toucher demain le pays dans son ensemble. Il y a péril en la demeure M. le Président. Les français n’ont plus d’oreille pour vos fausses compassions et se méfient de vos effets d’annonce. Ils veulent un nouveau modèle de partage et attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations, notamment du travail et du pouvoir d’achat. Voici venu le temps des actes !